contre la fusion des dates. – CNIP


Le CNIP participera activement aux élections départementales et
régionales… lorsqu’elles auront lieu.
Initialement prévues en mars 2021, elles ont été reportées les 13 et 20 juin
prochain, voire au-delà, rien n’était exclu par l’exécutif à ce sujet qui ne voit
pas d’un bon œil la jauge électorale quelques mois avant l’élection suprême.
Le score limité, voire faible des listes soutenus ou présentées par La
République en marche (LReM) n’inciterait pas la majorité à organiser des
élections, y compris – parait-il – en septembre. Cette indécision laisse
dubitatif, voire pantois quant à l’importance donnée par le pouvoir à la
représentation démocratique des territoires, départements et régions. En
effet, certaines voix, proches de la majorité présidentielle (et donc
parlementaire), espèrent « casser le thermomètre électoral » et proposent
la tenue des scrutins en 2022, y compris après l’élection présidentielle, la
« mère des batailles ». Ainsi, la supposée réélection d’Emmanuel Macron
permettrait, outre la réélection de la plupart des députés estampillés La
République en marche, mais aussi la victoire du mouvement des
« Marcheurs » dans certains départements et régions, où l’implantation du
parti du président est laborieuse, voire inexistante, comme les dernières
élections municipales l’ont montrée. La question est posée, des élections
auront-elles lieu en 2021 ? Le président de la République consulte… pour
décider seul !
Mais, au-delà de ces calculs électoralistes exclusivement politiciens, le CNIP
cerne un enjeu plus important. Les dernières élections départementales se
sont déroulées en mars 2015 et les régionales en décembre de cette même
année, permettant, comme à l’accoutumée, de scinder les deux enjeux
électoraux. En effet, une élection n’est pas semblable à une autre, sinon
pourquoi distinguer les scrutins ? Si voter ne représente plus qu’une mesure
électorale, autant établir un « ticket électoral » regroupant toutes les
élections le jour de l’élection du président puisque le système se veut de
plus en plus présidentiel. L’abstention massive observée depuis de
nombreuses années lors des différents scrutins, même sans tenir compte
des dernières élections municipales de 2020 totalement dénaturées par la
crise sanitaire et sa gestion, est la résultante, entre autres, de cette
stratégie d’élections sans enjeux. Déposer un bulletin dans une urne est
une chose sérieuse et cet aspect devrait entraîner le respect, outre des
échéances électorales, des particularismes électoraux en fonction de la
nature des scrutins. Les compétences des départements, en particulier
l’aide sociale, ne sont pas les mêmes que celles des régions.
Distinguer les élections départementales des régionales, c’est reconnaître
leurs complémentarités au sein du maillage territorial, parfois complexe,
français. Les 100 départements (depuis la fusion des deux départements
alsaciens) et les 18 régions (dont 13 en métropole) justifient que l’on
expose aux citoyens les pouvoirs délégués à chaque collectivité ; en effet,
leurs places respectives sont encore méconnues du corps électoral.
Départements et régions sont essentiels dans la gestion au quotidien de
notre pays en matière sociale, d’éducation, de transports et de formation
professionnelle.
Une élection n’est pas seulement la revanche ou le préambule d’une autre.
Les départementales n’ont pas vocation à être le 3e
tour des municipales et
les régionales ne sont pas le marchepied de la présidentielle ou, en tout
cas, ne devraient pas l’être. Xavier Bertrand, le président des Hauts-deFrance qui contestait le fait, en décembre 2015, que Marine Le Pen se serve
de l’élection pour préparer l’élection suprême de 2017, se répand
aujourd’hui sur les plateaux médiatiques, indiquant que sa propre
candidature en 2022 est subordonnée à sa réélection régionale. Les
électrices et les électeurs des Hauts-de-France savent ainsi que leur
participation électorale sert à donner un éventuel blanc-seing à Xavier
Bertrand pour lui permettre de figurer dans la liste des prétendants à la
magistrature suprême. Quel enjeu ! Quelles perspectives donner à une
région désindustrialisée et dont la population est si souvent considérée
comme laissée pour compte. Vous savez, ces fameux « territoires oubliés »
de la République…
Une élection, c’est aussi un moment de pédagogie. Les élections
départementales et régionales relèvent aussi, et surtout, d’enjeux de
proximité qui permettent l’accomplissement d’une relative
« décentralisation à la française ».
De plus, le mode de scrutin diffère pour ces deux scrutins : les
départementales se déroulent dans le cadre d’un vote direct uninominal
paritaire et les régionales se présentent via un scrutin de listes.
Le CNIP demande donc à l’exécutif de maintenir deux dates
distinctes pour ces élections, c’est-à-dire de ne pas tenir les deux
scrutins les mêmes jours.
Outre ce que nous venons d’indiquer, doit-on rappeler que l’organisation
simultanée de ces deux scrutins s’avère compliquée dans un contexte de
crise sanitaire et demanderait, aux élus locaux, une logistique démesurée
notamment en nombre de bénévoles attachés à la démocratie locale.
Pour toutes ces raisons, le CNIP ne se satisfera pas d’une double
élection aux mêmes dates. Le respect des collectivités territoriales passe
aussi par la mise en place de scrutins distincts et clairs qui permettent la
vie de la démocratie.

Franck Buleux

Membre du Comité Directeur du CNIP

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