Délinquance juvénile à Mayotte, nous voulons de vraies réponses


En visite dans l’Océan Indien à la fin du mois d’août, Gérard DARMANIN, Ministre de l’intérieur, accompagné de son ministre délégué à l’Outre-mer, Jean-François CARENCO, a évoqué son désir de mettre en place des « Lieux de rééducation et de redressement » encadrés par des militaires pour répondre à la délinquance juvénile qui explose dans les Outre-mer, notamment à Mayotte et en Guyane.  Soucieux d’offrir à ces jeunes « un lieu de sanction et d’éducation », il a également demandé au directeur général de la police nationale « d’étudier la possibilité d’utiliser des armes intermédiaires », lors d’échauffourées avec des mineurs. Cet encadrement de type militaire, promesse de campagne du candidat Macron en 2022, n’est pas une nouveauté, il fait écho au dispositif « Jeunes en Equipe de travail » mis en place par les gouvernements de 1984 à 2004.

Voilà une image claire de la manière dont les Outre mers sont traités par ce gouvernement inspiré par les colonies pénitentiaires pour enfants, véritables machines à discipliner et à punir, développées au XIXème siècle. Les résultats de cette politique sont nuls puisque 60% des mineurs retombent dans la délinquance dans les deux ans après leur sortie et 20% de ces jeunes majeurs passent par la prison.

Ces jeunes qui deviennent auteurs, sont avant tout les victimes de ces très grandes violences. Face à ce constat, la commission des Outre-Mer d’Europe Ecologie Les Verts exprime son total désaccord avec les mesures que souhaite mettre en place le Ministre de l’intérieur. Purement médiatiques, clairement inefficaces et inadaptés pour traiter des vraies causes et des problèmes de fond, ces mesures ne visent qu’à satisfaire l’extrême droite dont le Ministre de l’intérieur cherche à obtenir les faveurs.

Ces mesures ne répondent en aucun cas aux besoins et à la réalité des populations des Outre-mer et en particulier de leur jeunesse. Sortis de ces structures répressives, ces jeunes se retrouvent confrontés à un manque d’infrastructure criant, un chômage exponentiel, une pauvreté sans pareil et très peu de leviers d’actions leur permettant d’ouvrir le champ des possibles vers un avenir meilleur.

Au lieu de jouer avec la flamme dévastatrice de l’extrême droite, le gouvernement devrait s’engager dans un projet constructif, durable et efficace de développement des territoires d’Outre-mer en contribuant à mettre en place l’égalité réelle et à éradiquer la pauvreté.

Il serait temps de considérer les Outre-mer comme des territoires à part entière de la République et de les traiter comme tel !

Alain Coulombel, porte-parole
La Commission Outre-mer d’EELV

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