En grève à la maison et au travail


Cette année le 8 mars, journée internationale de luttes pour les droits des femmes, revêt un caractère particulier. Entre appels à la grève, dénonciations du sexisme et des violences sexuelles, et montée de l’extrême-droite, cette journée s’inscrit dans un contexte de mobilisation contre les inégalités et la violence sociale.

Le travail domestique reste en grande majorité effectué par les femmes, et la répartition des missions au sein du couple reste très genrée. L’un des enjeux militants du féminisme est donc de faire sortir les relations hommes-femmes du cadre privé, de briser le sentiment que les situations d’exploitation vécues au sein du couple hétérosexuel sont quelque chose de personnel, d’individuel. Et à partir de là, de créer du collectif. C’est ce que permettent par exemple les groupes de paroles de femmes, qui partent des expériences de chacune pour les mettre en perspective par rapport à un rapport de domination qui structure la société dans son ensemble. La grève, comme celle de ce 8 mars est un autre moyen de mettre en avant l’aspect politique du privé : ce jour-là, grève de la consommation (pas de courses à faire) et grève du soin (pas de tâches ménagères à s’occuper, pas d’enfants ou de personnes âgées à prendre en charge).


Le 8 mars,
rejoignez le pôle noir et violet
dans les manifestations !

  • Rendez-vous de l’UCL à Paris : à 13h30 à gare du Nord, rue de Dunkerque

En finir avec l’alliance entre capitalisme et patriarcat

La pandémie a démontré, partout dans le monde, que de nombreux métiers féminisés sont essentiels à la vie en société, et pas seulement en temps crise sanitaire. Des secteurs fondamentaux, principalement exercés par des femmes, mais peu reconnus et dévalorisés. Une surexploitation résulte de l’alliance du patriarcat et du capitalisme.

La moitié des 14 millions de travailleuses en France sont concentrées dans 10 professions dont les caractéristiques sont liées à s’occuper et à servir les autres (aide-à domicile, soignante, agente de nettoyage…). Leur point commun : précarité, bas salaires et brutalité patronale. S’unir est un impératif, et si notre union fait notre force, notre organisation la multiplie. C’est pourquoi, notre place est dans les syndicats de classe. Se syndiquer, est un outil pour se défendre de l’exploitation et de ce monde machiste, et un espoir pour le changer. Sans les travailleuses, le syndicalisme de lutte ne peut vaincre. Mais sans lui, rien ne serait possible pour changer notre situation. Comme hier nos aînées syndiquées et organisées dans des comités syndicalistes féministes, prenons toute notre place dans les syndicats, osons, agissons, fédérons !

Dans notre syndicalisme, encore trop souvent, nos métiers sont dévalorisés. Parce que la culture machiste y prédomine encore, et qu’il maintient un sentiment d’infériorité des femmes syndiquées. Parce qu’il ne tient pas compte des réalités de nos métiers et du travail gratuit que nous fournissons dans la famille. Notre syndicalisme de lutte ne s’est pas complètement détaché de l’idéologie patriarcale. Aucune fatalité à cela. En nous syndiquant massivement, nous changerons cette situation . Et bien vite nous constaterons la grande peur des capitalistes et de l’État qui nous oppriment.

Personne ne nous libérera à notre place, ni au foyer, ni dans la société, ni au travail. Organisons-nous, syndiquons-nous. Mettons-nous toutes en grève le 8 mars, pour en finir avec notre exploitation et notre auto-exploitation.

La commission antipatriarcat de l’UCL

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