Publié le
jeudi 27 mai 2021 •

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Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 mai 202, le mont Nyiragongo, situé dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), est entré en éruption. Les coulées de lave ont provoqué la panique chez les habitants de la ville de Goma, une ville de deux millions d’habitant située à quelques kilomètres du volcan.

L’équipe de l’ASFE a pu s’entretenir avec Jean-Philippe Riche, représentant de l’ASFE au Congo, sur cette situation particulière.

L’entrée en activité du Nyiragongo samedi soir a provoqué des scènes de panique dans la principale ville de l’est de la République démocratique du Congo. Quelle est la situation actuelle ? 

Voici le premier bilan que je dresse ce matin, à Goma, où je passe quelques jours de vacances. Les habitants rentrent dans leur maison. L’aéroport n’a pas été touché même si par mesure de précaution, tous les aéronefs en stationnement ont été évacués ainsi que les camions-citernes. En réalité, ce sont les tremblements de terre répétitifs qui nous terrorisent depuis hier soir. Heureusement, ils sont de faible magnitude, jusque là (un autre vient d’ailleurs de se produire au moment où j’écris ce message !). Dans la panique d’hier soir, un camion s’est renversé sur la route de Sake faisant 5 morts. La route de Rutshuru est coupée par la lave qui s’est déversée vers le Rwanda. L’approvisionnement de Goma en vivres va en pâtir sérieusement. On croise les doigts !

Quelles sont les conséquences directes de cette éruption volcanique sur le plan humain, matériel et organisationnel ?

Beaucoup d’informations me sont parvenues ce matin. Le volcan, comme l’a affirmé le gouverneur, continue d’être en éruption, ses laves se sont arrêtées au niveau de Buhene et la ville de Goma n’a pas été touchée. Pour le moment, on sait que 5 personnes sont mortes à Rwasama dans l’accident de la route dont je vous parlais mais nous n’avons pas de réelles informations sur les pertes aussi bien humaines que matérielles. Il y a eu des vols dans les boutiques, les maisons, les magasins et on parle également d’une possibilité d’évasion de prisonniers à Munzene où des balles auraient été entendues.

Dans la panique, de nombreuses familles ont perdu certains de leurs membres en raison des bousculades. Plus de 5000 personnes seraient parties au Rwanda et 17.000 ont pris la direction de Sake mais la plupart des personnes qui ont pris la fuite sont déjà en train de revenir vu l’activité du volcan observée sur le terrain qui ne semble plus présenter de trop grande menace.

Depuis combien de temps le Nyiragongo était en sommeil ? 

La dernière éruption date de 2002 et la lave avait occasionné des dégâts matériels et humains énormes dans la ville de Goma. Depuis il y a des séismes répétitifs à différentes magnitudes. Nous restons vigilants mais optimistes.

Selon vous, quelles seront les suites de cette éruption qui s’ajoute à une situation sanitaire difficile ?

D’après les scientifiques et les volcanologues sur place, l’activité sismique est normale et c’est en réalité un signe positif que la terre bouge pour reboucher des fissures créées par l’éruption. Il se peut que ces secousses créent de nouvelles fissures qui ne devraient pas produire de lave.

Le réel risque provient des bâtiments, surtout ceux qui sont en état de délabrement ou instables … C’est surtout à ce niveau que des précautions sont à prendre pour éviter un effondrement.

D’après les autorités, l’aéroport va rester ouvert et demain, il pourrait y avoir quelques vols (vers Kinshasa uniquement). L’INRB, qui effectue normalement des dépistages de la Covid sera en revanche fermé. Les autorités encouragent les résidents à travailler depuis leur domicile.

Les experts semblent assez optimistes mais il faudra attendre le prochain survol du cratère par les hélicoptères pour avoir plus d’informations. Comme je vous l’ai dit, les fissures supplémentaires causées par les séismes pourraient produire plus de lave ou de cendres dangereuses pour la santé.

Jean-Philippe Riche, représentant de l’ASFE au Congo

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