Philippe Poutou : « Un Smic à 1800 euros nets, ça n’est pas un chiffre sorti au hasard »


Publié par la Dépêche

Philippe Poutou, candidat à l’élection présidentielle pour le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) sera dans le Tarn ce vendredi. Une visite qui se terminera par un meeting le soir même à Albi. Interview.

Sur le terrain, comment se déroule votre campagne ?

Ça se passe très bien, c’est une bonne occasion de rencontrer de nouvelles personnes qui s’intéressent à nos idées. Ce sont de bons moments en tant que militants pour mettre les idées que nous défendons sur le devant de la scène. C’est important d’être présent, surtout étant donné l’ambiance politique très mauvaise de cette campagne, avec la présence ultradominante des idées réactionnaires et libérales. Face à cela, et pour répondre aux enjeux de précarité, de chômage, d’urgence climatique, certains Français cherchent autre chose et se retrouvent dans les idées que l’on défend.

Quelles sont-elles ?

On essaie de convaincre les gens que la seule solution raisonnable c’est de discuter de ce système capitaliste. Il faut rompre avec cette logique de course à profit, que ce soit sur les questions sociales, environnementales ou démocratiques. Ce que nous proposons, c’est d’enlever les moyens de nuire aux capitalistes, et ça dans tous les secteurs : la santé, les énergies, les banques, etc. Il faut redistribuer et répartir les choses au sein du peuple. Pour lutter contre le chômage par exemple, il faut répartir le travail au sein de la population, ça permettrait aussi de lutter contre la précarité et d’améliorer le pouvoir d’achat de l’ensemble des Français.

Justement, concernant le pouvoir d’achat, quel regard portez-vous sur les hausses de prix dans de nombreux secteurs (énergie, alimentation, etc.) ?

Notre idée est d’avoir un SMIC à 1800 euros nets, ça n’est pas un chiffre sorti au hasard, c’est le salaire qui, selon nous, permet de vivre décemment. Il y a un problème de répartition des richesses, elles sont concentrées dans les coffres-forts des milliardaires. Ça n’est pas une question technique, mais bien politique. Notre programme n’est pas à simple portée électorale, ça ne sert à rien de faire des promesses quand on sait qu’on ne sera pas élu. On est lucides là-dessus. Pour autant, il n’est pas vain de se battre, de mettre ces débats sur la place publique à l’occasion de cette campagne et montrer qu’on peut relever la tête, créer de nouvelles perspectives et ne pas être, une énième fois, déçu quand on va voter.

Vous évoquez vos chances d’être élu ou non, pour l’instant vous avez totalisé 224 parrainages, à quelques jours de la date de clôture…

Il ne nous reste pas beaucoup de temps… Il y a cinq ans on était au même niveau, dans le même état de stress face à ce retard. On se bat encore pour rencontrer des élus, passer des coups de fil… Il faut absolument qu’on les ait, on veut avancer. D’autant plus qu’on a financé un certain nombre de frais pour des meetings, pour les professions de foi, les bulletins, ce qui paraît absurde puisqu’on peut ensuite très bien être exclu de la course…

Dans le Tarn, le groupe Scopelec est menacé après avoir perdu des contrats avec Orange, plus de 1500 emplois sont en danger, qu’en pensez-vous ?

Je n’ai pas encore entendu parler précisément de ce nouveau drame social, mais on voit bien que c’est le même schéma, comme pour la SAM en Aveyron. La puissance publique ne fait pas ce qu’elle devrait faire : mettre fin aux dégâts sociaux. Au lieu de ça, les pouvoirs publics capitulent, c’est hypocrite. Il faut réagir !

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